Le rouble au plus haut depuis fin novembre face à l’euro

Le rouble, dont l’effondrement a plongé la Russie dans une crise économique et financière, est remonté mardi à son plus haut niveau en plus de quatre mois face à l’euro, confirmant un redressement qui laisse espérer aux autorités russes une stabilisation de l’économie.

Soutenue notamment par l’apaisement des combats en Ukraine et la stabilisation des cours du pétrole, la devise russe a repris plus de 30% en deux mois face à la monnaie unique européenne.

L’euro est descendu mardi jusqu’à 59,45 roubles, passant sous le seuil des 60 roubles pour la première fois depuis le 27 novembre, et valait vers 14H45 GMT 59,88 roubles. Il avait touché 100 roubles au plus fort de la crise mi-décembre.

Le dollar est passé sous le seuil des 55 dollars pour la première fois depuis le 30 décembre, jusqu’à 54,76 roubles, son plus bas niveau depuis la fin décembre, et valait 55,08 roubles vers 14h45 GMT.

Ce rebond a notamment permis d’observer des signes de stabilisation de l’inflation, qui a atteint en mars son plus haut niveau en rythme annuel depuis 2002 à 16,9%. Des ministres ont indiqué que la chute du produit intérieur brut attendue cette année pourrait être plus réduite que les 3% attendus.

La patronne de la banque centrale, Elvira Nabioullina, s’est défendue mardi de faire monter « artificiellement » le rouble en réduisant les liquidités disponibles.

« A notre avis, le renforcement du rouble s’est produit en raison d’une série de facteurs: la stabilisation des prix du pétrole, la fin du pic des remboursements de dette extérieure, des ventes de devises plus équilibrées de la part des exportateurs et sans aucun doute notre hausse des taux et le développement de nos instruments de refinancement en devises », a-t-elle ajouté, citée par les agences russes.

La Banque de Russie a augmenté son taux directeur à 17% en décembre pour enrayer la chute du rouble. Elle l’a réduit depuis à petits pas jusqu’à 14% pour éviter d’aggraver de manière excessive la crise avec un coût de l’emprunt insoutenable.